Il y a quelques jours, j’ai plongé malgré moi dans un duel intérieur fascinant, un bras de fer silencieux entre deux forces que l’on oppose souvent : le développement personnel et l’éveil. Mon esprit oscillait entre ces deux réalités, chacune prétendant offrir une vérité ultime. D’un côté, la promesse d’une transformation progressive, d’un raffinement de l’être par l’effort et la discipline. De l’autre, l’abolition soudaine du chercheur, la dissolution des entraves, l’évidence brute de ce qui est.
Ce conflit n’a pas été résolu par une brillante analyse ni par une quête effrénée de réponse. Non. Il s’est dissous de lui-même, comme une brume chassée par l’aube. J’ai vu que le combat était illusoire, un mirage né d’une séparation artificielle.
Le développement personnel ne mène pas à l’éveil, car l’éveil ne s’acquiert pas – il est déjà là, impassible, indifférent aux efforts du mental. De même, l’éveil ne vient pas balayer d’un revers de main les défis du quotidien, il ne répare ni le passé ni les blessures de l’ego. Ce sont deux sphères distinctes qui coexistent en moi, en chacun de nous, sans jamais véritablement se croiser.
Une révélation inattendue, et pourtant si limpide : il n’y a rien à concilier, rien à résoudre, simplement à voir que chaque chose occupe sa juste place. Une paix étrange en découle, une légèreté nouvelle. Et moi, éternel spécialiste des conflits d’opposition, je souris face à cette grande comédie du mental. 🤣