Effort ou Destinée : L’Éternelle Danse de la Transformation

La question qui me tourmente, qui tournoie dans mon esprit comme un vent de contradiction, est celle-ci : faut-il réellement fournir des efforts pour opérer un changement dans sa vie, ou bien, au contraire, tout se fait-il tout seul, comme par magie ? Entre ces deux concepts, mon cœur oscille, ballotté comme un vaisseau en pleine mer, cherchant son cap.

D’un côté, il y a l’idée que tout changement, toute transformation, nécessite un effort, un travail acharné. Si je ne bouge pas, si je ne fais rien, tout reste figé dans sa morne inertie. Voilà ce que m’enseigne la voix de la discipline et de la volonté, toujours exigeante et inflexible. C’est la voie de l’action, l’acier de la détermination, un combat perpétuel contre l’immobilisme.

De l’autre côté, il y a cette autre idée, plus insidieuse, plus subtile, qui me dit que la vie elle-même, dans toute sa grandeur et sa majesté, décide pour moi. Lorsque la vie veut quelque chose, elle le fait, que je sois d’accord ou non, que je l’accepte ou non. Ce n’est pas moi qui mène le jeu, c’est la vie qui m’impose sa danse, tantôt dans la douceur, tantôt dans la violence. C’est un mouvement plus grand que moi, une vague infinie qui me submerge sans crier gare, me forçant à changer, à évolution, sans effort de ma part.

Et pour étayer cette réflexion, je n’ai pas à chercher bien loin. Je possède deux exemples, aussi paradoxaux qu’éclairants, qui tendent à confirmer cette deuxième idée, celle où la vie agit sans que j’aie à lever le petit doigt.

Le premier exemple est ma lutte de longue date contre l’alcool. Des années passées à vouloir cesser, à essayer mille et une fois, à me dire « cette fois, c’est la bonne », sans succès. L’effort me faisait courir après quelque chose de fuyant, d’inaccessible. Puis, tout à coup, deux accidents de scooter, sans avertissement, sans préparation, ont mis un terme à cette dépendance. Ce n’était pas une victoire de ma volonté, mais une intervention brutale de la vie elle-même, un déclic, un tournant inattendu, qui m’a fait arrêter sans effort conscient de ma part. La vie à fait son travail.

Le deuxième exemple concerne ma pratique sportive matinale, ce rituel quotidien que je m’impose, et pourtant… chaque matin, je me lève en pensant « aujourd’hui, je n’en ai pas envie, je n’ai pas la force, ça me saoule ! » Mais, sans que je m’en aperçoive, le corps prend le dessus sur le mental. Il s’élance, il bouge, il se déploie dans des gestes automatiques. Comme si, tout à coup, le corps avait décidé pour moi, outrepassant mes pensées et ma volonté. Quand le moment est venu, il est venu, et tout se met en place de façon inéluctable. Le mental, dans sa lutte contre le corps, se trouve impuissant.

Ainsi, je constate, dans ma propre expérience, cette danse entre l’effort et la fluidité, entre la volonté de changer et la réalité de la transformation. Le mental, toujours structuré par cette dualité, propose sans cesse des choix opposés, m’invitant à me positionner, à trancher. Et pourtant… Quelle farce, quelle comédie ! Car la vérité se trouve peut-être ailleurs, dans l’équilibre subtil entre ces deux forces apparemment antagonistes.

Et vous, chers lecteurs, que diriez-vous de ce grand ballet de la vie ? À votre avis, est-ce dans l’effort qui réside la clé du changement, ou bien, tout se fait-il par le simple fait d’être, d’accepter, et de laisser la vie nous guider ? La réponse, sans doute, se trouve dans l’instant, dans la manière dont nous choisissons de regarder le monde.

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