Ce matin, on m’a posé une question d’une pertinence troublante : « Suis-je en dépression ou juste cerné par une armée de nuisibles émotionnelles ? » Voilà un dilemme digne des plus grands philosophes modernes, coincé entre une boîte de Lexomil et une société qui rend fou.
Ah, la dépression ! Ce mal mystérieux, ce fléau des âmes sensibles que l’on résume à un déséquilibre chimique dans le cerveau, comme si une simple fuite de sérotonine explique pourquoi vous trouvez votre vie aussi enthousiasmante qu’un lundi matin sous Prozac. Une tristesse collante, une apathie grandissante, des troubles du sommeil oscillant entre insomnie et coma artificiel, un sentiment d’inutilité plus tenace qu’un débat sur Twitter… Et si, au lieu de sous-marin dans les arcanes de la psychiatrie, on regardait aussi du côté de notre cher environnement humain ?
Le facteur humain : une cause sous-estimée du désespoir
Si vous évoluez dans un marécage social peuplé de personnes toxiques, critiques, insipides ou franchement malveillantes, il est possible que votre « dépression » ne soit qu’une réaction biologique parfaitement rationnelle à un monde hostile. Après tout, mettre un être humain dans une pièce avec des sociopathes pendant suffisamment longtemps, et il finira par douter de sa propre valeur.
Que faire quand la société elle-même est même un trouble psychiatrique ?
- Consultez un professionnel de la santé mentale (avec un détecteur de conneries activé).
Les psys, dans l’absolu, c’est une idée brillante. Mais dans la réalité, c’est un peu comme la loterie : parfois on tombe sur un as de l’écoute, et parfois sur un manuel ambulant de diagnostics approximatifs. Il faut trier. - Faire un audit social impitoyable.
Si la majorité des gens qui vous entourent sont aussi inspirantes qu’un congrès de lobbyistes pétroliers, il est peut-être temps d’envisager une mise à jour de votre cercle relationnel. Oui, couper les ponts est parfois une mesure de santé publique. - S’auto-préserver sans tomber dans le développement personnel infantilisant.
Méditer, courir, dessiner, faire des câlins à des arbres… Pourquoi pas. Mais surtout, faites ce qui vous fait du bien sans culpabiliser si ce n’est ni productif, ni instagrammable. - Chercher du soutien ailleurs que dans les slogans creux.
Les « pensée positive », « lève-toi et marche », et autres mantras de supermarché sont aussi utiles qu’un gilet de sauvetage en béton. Trouvez les gens qui vous comprennent sans vous servir des leçons de morale en kit.
Alors, êtes-vous malade ou simplement lucide ?
Dans un monde où la médiocrité est établie en système de gouvernance, où l’on célèbre la conformité et où l’on réprime toute nuance, il est parfaitement logique d’être triste, fatigué, désabusé. Peut-être que vous n’êtes pas malade. Peut-être que vous réagirez normalement à une société qui, elle, l’est profondément.
Et si, au lieu de se demander « Suis-je dépressif ? » , on se demandait plutôt :
Pourquoi accepter un monde qui nous rend malheureux ?