Il y a plusieurs mois, au détour d’une lecture, j’ai découvert la joie immense d’être qui je suis. La joie immense de n’avoir plus rien à faire pour m’accepter tel quel. Oui, à cet instant je ne pouvais être autrement, j’étais résolument parfait. C’est un soulagement qui a duré plusieurs mois accompagné de beaucoup de paix, de joie et de puissance. J’étais enfin vivant.
Une petite voix dans ma tête me disait en rigolant : “ta liberté s’arrête où commence ton inconscient” et elle avait raison. La vie m’a offert une amoureuse, un miroir tellement implacable que la boîte s’est ouverte.
Mes blessures ont jailli tels des furoncles éclaboussant ma compagne, des fragments de personnalité ont émergé comme des icebergs zombies. La fragilité, l’instabilité, les attentes, les désirs, l’orgueil, la rigidité, la tristesse, la colère, la peur, le contrôle… À un moment je me suis vu penser : “mais c’est pas possible t’as été fini à la pisse…”
La relation est devenue un véritable cauchemar. C’était assurément une diablerie. Toutes mes douleurs d’enfance : l’abandon, le rejet, la trahison, le fait de ne pas être assez et j’en passe… Elles étaient toutes là pour un apéro dînatoire bien arrosé qui n’en finissait plus. Un vrai bal masqué sauf que là les masques étaient tombés.
Paradoxalement, au lieu de m’effondrer comme à mon habitude, de repartir pour plusieurs mois voire années de dépression, j’ai traversé le maraîchage, marché sur les alligators et découvert un espace d’acceptation bien plus grand que moi.
Cette aventure aurait pu me perdre mais insidieusement elle m’a poussé vers moi-même, elle m’a poussé vers ma paix, ma joie et ma stabilité.
Ça fait plusieurs jours que j’ai repris la pratique : je mets toute mon attention dans le corps, ce qui a pour effet d’augmenter la densité, de me sécuriser, de remplir la sensation de solitude qui m’habite depuis très longtemps et de laisser émerger les émotions et les tensions corporelles. Ça a aussi un avantage certain : ça sort mon système nerveux du mode survie. Parallèlement, ça a rouvert un espace pour le “rien”. Je me retrouve en double concentration : une sur le corps, l’autre sur la nature de l’esprit.
Cet exercice fait des petits miracles car il réunifie deux aspects de moi-même que j’ai dissociés à force de fuir le corps pour l’imaginaire.
La relation est à coup sûr un miracle mis sur ma route. Une vraie bénédiction. Je découvre l’amour qui se dévoile sous les multiples couches de conditionnement. Je découvre ce qu’est accepter l’autre tel qu’il est et c’est vraiment très beau.
Ce n’est plus “je t’aime parce que tu m’apportes ce que je veux”, c’est “je t’aime parce que tu représentes la vie et sa grâce.”