Qu’est-ce qu’un trouble psychique, au fond ? Est-ce une maladie du cerveau, un déséquilibre chimique, une réaction au traumatisme, ou encore un dérèglement de tout l’organisme ?
On parle souvent des maladies mentales comme si elles étaient indépendantes du corps. Mais le cerveau, lui, fait partie du corps. Et s’il ne fonctionnait plus correctement, serait-ce uniquement un problème « mental » ? Ou plutôt le reflet d’un déséquilibre plus vaste, englobant le système nerveux, l’intestin, les hormones, l’environnement, l’histoire personnelle ?
Pourquoi certaines personnes trouvent-elles un soulagement dans les traitements psychiatriques, alors que d’autres stagnent ou empirent ? Les médicaments agissent-ils uniquement sur le cerveau, ou compensent-ils aussi un manque plus profond, un trouble invisible dans le métabolisme ou l’inflammation ?
Et si le problème ne venait pas seulement du cerveau ?
Prenons la dépression, par exemple. Peut-on réellement la réduire à un « manque de sérotonine » ? D’où vient cette sérotonine ? On sait aujourd’hui qu’environ 98 % de cette molécule est produite dans l’intestin. Et si une inflammation chronique, des carences nutritionnelles ou une perturbation du microbiote jouaient un rôle aussi important que les traumatismes ou le stress ?
Certaines études suggèrent que l’anxiété et la dépression peuvent être liées à un manque de magnésium, à une carence en oméga-3, ou encore à un déséquilibre du microbiote intestinal. Si l’on soigne uniquement le mental sans s’occuper du corps, ne risque-t-on pas de rater une partie essentielle du problème ?
D’ailleurs, pourquoi tant de personnes souffrant de troubles psychiques se tournent-elles vers l’alcool, le cannabis ou d’autres substances ? Est-ce une tentative de soulager un déséquilibre déjà présent ? Ou bien est-ce la consommation qui finit par dérégler le système et aggraver la situation ?
Et si le traumatisme laissait une empreinte physique ?
Spinoza affirmait que l’esprit et le corps ne sont pas deux entités séparées, mais une seule et même réalité vue sous deux angles différents. Si un choc émotionnel est ressenti comme une douleur physique, n’est-ce pas la preuve que les deux sont intimement liés ?
Les souvenirs traumatiques ne se logent pas seulement dans la mémoire consciente. Ils s’inscrivent dans le système nerveux, modifient les hormones du stress, perturbent le sommeil, l’appétit, la digestion. Peut-on vraiment guérir un traumatisme uniquement par la parole, sans rééquilibrer ce que le corps a imprimé ?
Et si la guérison nécessitait une approche globale ?
Si un trouble psychique est l’expression d’un déséquilibre plus large, alors aucune solution unique ne peut suffire. Un médicament peut aider, mais peut-il résoudre à lui seul des années de stress chronique, des carences nutritionnelles ou une inflammation latente ?
Une thérapie est précieuse, mais peut-elle suffire si le corps est en souffrance, privé des nutriments nécessaires à son équilibre ?
Et si la clé résidait dans une approche plus vaste, qui prendrait en compte le cerveau, le corps, l’alimentation, l’environnement, l’histoire personnelle et les émotions ?
Qu’en pensez-vous ? Avez-vous vécu des troubles psychiques ou des traumatismes ? Comment abordez-vous votre rétablissement ?