L’histoire nous a appris que l’une des manières les plus subtiles et pernicieuses de détruire une société est d’introduire la drogue et son commerce au sein de ses veines. Ces poisons, qu’ils soient l’alcool, le cannabis ou toute autre substance récréative, ne sont pas seulement des agents de dégradation, mais des instruments de domination qui, à travers l’évasion chimique, engourdissent l’esprit et asphyxient l’âme.
Il est incontestable que, dans mon expérience personnelle, nombre de ceux qui s’adonnent à ces substances semblent voir le monde à travers un prisme élargi. Cependant, cette « ouverture d’esprit » n’est en réalité qu’un effet secondaire d’une nature préexistante, une qualité innée qui n’a nullement besoin d’artifices pour s’épanouir.
Je me souviens, plus jeune, de ces amis qui, consommateurs invétérés de LSD et d’autres substances psychotropes, me disaient : « Tu es déjà trop perché, si on te donne des drogues fortes, tu risques de te perdre. » Un paradoxe, n’est-ce pas ? Moi qui n’avais pas encore touché à ces produits, je me trouvais déjà dans des états d’expansion de conscience, vivant des expériences mystiques, intenses et profondes.
Le cannabis, l’alcool et même les tentatives de LSD et de MDMA n’ont jamais réellement étendu ma perception du monde. Ils ont plutôt agi comme des voiles opaques, créant des illusions de rédemption ou de révélation, alors que la véritable ouverture d’esprit, celle qui transforme et libère, réside dans un travail intérieur, sans artifices ni dépendances.
Aujourd’hui, je constate que le cannabis ne fait que réduire l’intensité de mes pensées et éteindre mon esprit, bien loin de l’illumination promise par ses adeptes. Il n’y a rien de véritablement libérateur dans cette quête de confort chimique. Au contraire, je vois mes amis se saboter, emprisonner leur potentiel dans des cages invisibles, prétendant se « libérer » quand ils ne font que fuir la réalité et éviter le travail de transformation authentique.
Je ne nie pas que, dans certaines traditions ancestrales, les substances peuvent, lorsqu’elles sont utilisées dans un cadre sacré et accompagnées d’une guidance adéquate, ouvrir des portes dans l’esprit, mais ces pratiques sont rares et demander une discipline et une responsabilité que la société moderne semble trop souvent ignorer.
En définitive, je considère que l’utilisation des drogues récréatives est une fausse promesse pour l’esprit. Ce n’est pas à travers la fuite ou l’illusion que l’on s’élève, mais par le courage de regarder en face notre vérité et d’embrasser l’éveil sans artifices. L’ouverture d’esprit ne se trouve pas dans une bouteille, un joint ou une pilule, mais dans la sincérité de l’âme humaine.