Approchez, approchez, mes chers spectateurs, et laissez-moi vous conter la plus grande arnaque cosmique de l’histoire : mon propre rétablissement. Une saga en plusieurs actes, un chef-d’œuvre d’incohérence, une montée triomphale vers la lumière… totalement involontaire.
Acte I : « Moi ? Malade ? Quelle blague ! »
Tout commence par une conviction inébranlable : je vais TRÈS BIEN. Bon, certes, je passe mon temps à sombrer dans des abîmes de souffrance existentielle, je fuis la réalité plus vite qu’un hamster dopé à la caféine, et mon propre entourage commence à prendre des notes pour écrire un best-seller sur mes frasques. Mais moi ? Non, je vais nickel.
Jusqu’au jour où un traître – mon professeur d’ayurvéda – me lance un ultimatum : « Si tu veux que je te coach, prends tes médicaments psychiatriques et vois un psy. »
Moi, puriste autoproclamé du bien-être, chantre de la médecine naturelle, grand défenseur du « tout est dans la tête », je me retrouve à avaler ces comprimés comme un vulgaire moldu. Et là… plot twist. Ça fonctionne. Mon humeur se stabilise, ma vie devient vivable. Trahison suprême.
Mais bon, tant qu’à être déjà en plein mensonge contre mes principes, autant aller plus loin…
Acte II : « À consommer sans modération… ou pas. »
Passons à l’alcool, cette magnifique potion magique qui me transformait en un être aussi incontrôlable qu’un opossum sous MDMA.
Deux accidents de scooter. Deux opportunités pour mon ange gardien de faire un burn-out.
Le premier ? Un grand moment de surréalisme. Des inconnus me trouvent, gisant comme un cadavre de sanglier sur la route. Et au lieu d’appeler une ambulance, ils m’emmènent dîner. Je me réveille face à un magret, avec absolument zéro souvenir de comment j’ai atterri là. Un voyage gustatif sponsorisé par l’amnésie.
Le deuxième accident ? Le karma m’envoie une lettre recommandée. Je prends enfin conscience que mourir comme un idiot n’est peut-être pas la meilleure fin de roman.
Alors, du jour au lendemain, rideau. Plus une goutte. Ciao l’ivresse, adieu le chaos.
Acte III : « Le Cannabis, cette extension naturelle de mon âme. »
Si l’alcool était un spectacle pyrotechnique incontrôlé, le cannabis était mon doudou, ma couverture chauffante, mon petit cocon de fuite.
Je me réveillais avec, je m’endormais avec. Je n’avais pas d’émotions, j’avais un nuage de THC en guise de filtre de réalité.
L’idée d’arrêter ? Jamais. Impossible. Inconcevable.
Et pourtant, en une phrase, mon thérapeute m’achève.
« Thibault, tu tournes en rond. Si tu veux évoluer, va falloir arrêter. »
BAM. Comme un bon petit robot programmable, mon cerveau enregistre et exécute. Fin de la récré.
Acte IV : « Travailler ? Mais quelle horreur ! »
Autrefois, je me croyais roi. Travailler ? Jamais. Moi ? M’abaisser à une tâche manuelle ? Plutôt mourir dans un bain de pétales de rose en attendant une illumination divine.
Et puis… allez savoir pourquoi, je suis devenu commis de cuisine.
Le pire ? J’adore ça.
Moi, qui attendais passivement que des êtres de lumière viennent me sauver, je découvre la joie dans la sueur, les couteaux bien aiguisés et les vannes douteuses des collègues.
Un comble.
Acte V : « La Révélation : et si tout ça n’avait jamais existé ? »
Et maintenant, me voilà ivre de clarté, shooté au réel.
La joie d’être, le plaisir d’écrire, une énergie qui ferait rougir une centrale nucléaire.
Mais un détail me titille : est-ce que j’ai vraiment été malade ?
Parce que voyez-vous, tout ça s’efface. Comme un mauvais rêve au réveil.
Le passé n’a plus de poids, seule l’instant présent m’obsède.
J’ai dit OUI à la vie, alors qu’avant, je lui opposais un NON magistral.
Et si c’était à refaire ?
Je replongerais tête la première dans chaque abîme, chaque enfer, chaque mur fracassé à pleine vitesse.
Parce qu’au final, le plus grand des miracles…
C’est que je sois encore là pour vous raconter tout ça.