On parle souvent du « fruit défendu », mais en réalité, la phrase complète est : « le fruit de la connaissance du bien et du mal. » Cette précision change tout.
Qu’est-ce que cela signifie ?
Dans le Jardin d’Éden, Adam et Ève perçoivent le monde tel qu’il est : une création pure et naturelle. Rien n’est jugé, tout est accepté. Cette création est parfaite par essence, car elle découle de la nécessité même de la Vie. Voilà ce que j’appelle le paradis : voir et accepter ce qui est, dans sa vérité absolue, comme une expression divine.
Un jour, par cette même nécessité de la Vie, Adam et Ève découvrent la connaissance du bien et du mal. Ils se mettent à juger la nature, à questionner ce qui est. Là où il n’y avait que joie, naissent des préférences, des plaisirs et des déplaisirs. Et avec ces jugements, le paradis devient un enfer : un lieu où l’on rejette ce qui est, au profit de ce qui devrait être.
Le péché, finalement, n’est rien d’autre que cette vision erronée de la réalité. C’est croire que la nature pourrait – ou devrait – être autre chose que ce qu’elle est.
Pourquoi la souffrance, la mort, l’injustice ?
Les voies de la nature – ou de Dieu, si l’on préfère – sont impénétrables. Pourquoi la nature engendre-t-elle la mort, la souffrance, l’injustice ? Parce qu’elle ne peut faire autrement. Tout cela existe par la nécessité de sa propre essence. Ce qui est est, et ne peut être autrement.
Retrouver le paradis
Retrouver le Jardin d’Éden, c’est revenir à cette acceptation profonde, intellectuelle et viscérale, que la nature est ce qu’elle est, sans exception ni jugement. « Je suis ce que je suis. » Ou encore : « Je suis la voie, la vérité et la vie. »
Ne voyez dans ces mots rien de mystique ou de supérieur. Ils ne font que rappeler une vérité simple : chacun est la Vie elle-même. Et cette Vie, c’est Dieu, ou la nature, peu importe le nom qu’on lui donne. Accepter cela, c’est retrouver le paradis.