Ces derniers jours, la cuisine est devenue un terrain de jeu mystique, un véritable voyage interstellaire où chaque plat est une mission secrète, chaque ingrédient une étoile filante. Mon chef, celui qui est censé être le maître absolu des casseroles, est tombé malade. Et là, c’est l’homme du service technique qui a endossé la tunique d’acolyte improbable dans cette jungle gastronomique.
Ensemble, nous avons pris les commandes de l’USS Cuisine… On est partis en mission avec un équipage absent et un Spock qui a disparu dans un nuage de vapeur de légumes. Situation de crise, mission d’importance… mais on ne va pas se laisser abattre pour 30 couverts.
Le menu ? Un rôti baignant dans une sauce divine… enfin, « bouillon cube », mais c’est tout comme. C’est de la haute cuisine, un concentré de finesse, un chef-d’œuvre culinaire pour les amateurs de simplicité. Ensuite (ah non, ça c’était un autre jour mais je le place ici), des haricots verts congelés que j’ai eu la grandeur de laisser se décongeler en mode chill dans la chaleur ambiante pensant que le Christ Solaire allait les cuire. Pourquoi pas ? Et pour finir en beauté, un concombre-crème… sans crème. Évidemment, il aurait été dommage de ne pas essayer la matérialisation quantique en provenance directe du point zéro.
Mais la véritable question n’était pas : « Est-ce que mon rôti était un biovitasteque jodirowskien qu’il me faudrait abattre à mains nues ? » Non, la vraie question, c’était : comment l’homme de l’ombre allait-il réussir à subtiliser de la crème et du lait aux animateurs, comme si leur réserve secrète était la fontaine sacrée du Graal gastronomique ? Spoiler alert : ils ont bien des stocks cachés. C’était presque un braquage digne des plus grands films d’espionnage, mais heureusement, notre agent secret a réussi sa mission.
Puis il y a eu le grand moment (oui, c’est encore l’épisode des haricots, pourquoi je l’ai mis là ? Peut-être une faille temporelle), celui qui vous fait presque méditer sur le sens de la vie. La directrice débarque, toute sérieuse, avec la salade de haricots. Elle me fixe droit dans les yeux et déclare : « Les haricots ne sont pas assez cuits. » Et moi, sans hésiter, je lui réponds avec une sagesse presque transcendante : « Bah non, ils ne sont carrément pas cuits. » Là, j’ai eu une révélation. J’avais réussi à transformer une simple salade de haricots en une expérience cosmique de rupture du continuum. Et le plus dingue, c’est qu’elle ne m’a pas gueulé dessus, mais a éclaté de rire. À ce moment précis, je ne savais plus si c’était moi qui devenais zen ou si c’était elle qui venait d’atteindre l’illumination. Qui peut savoir, vraiment ?
Tout ça m’a révélé quelque chose… une vérité profonde, presque cosmique. Je ne suis pas un chef, loin de là, mais dans cette tempête culinaire, je me sens… en harmonie avec le portail galactique pokémon fusion arc-en-ciel. La cuisine n’est pas juste un job, c’est un périple intérieur, un véritable voyage spirituel version fourchette et couteau. J’ai réalisé que mes peurs ne viennent pas de l’extérieur, mais de mes propres émotions, ces petites créatures invisibles qui surgissent comme un agent du FBI à minuit, avec le flair du « je vais te faire passer un sale quart d’heure ou pas ». Mais désormais, ces émotions ne me font plus peur. En fait, je suis tellement connecté à moi-même que même les Bisounours cœur ne m’attirent plus.
Parce qu’au fond, c’est là que réside la véritable magie : chaque jour est une aventure, même lorsque la purée ressemble à une version alternative de ciment frais, en vrai elle était très bonne ma purée. En fait, plus je me permets de ne pas savoir, d’embrasser l’imprévu, plus la situation devient… fascinante. Les haricots verts ? Une occasion en or de rire. Le rôti ? Un rappel lumineux de la vie : tu balances tout dedans, tu laisses mijoter, et tu croises les doigts pour que ça ne finisse pas en un déluge continental.
La semaine prochaine, quand nous serons 130 à table, je vais probablement me retrouver à… Non, le Chef sera revenu. Mais pour l’instant, je me sens bien. Même quand je suis moins bien, je vais bien. Parce qu’accepter l’inconnu, relâcher le contrôle, m’a appris une chose cruciale : tout est parfait, même quand ça ne l’est pas. Et c’est dans ce grand chaos que se trouve la véritable magie.