Après une longue conversation, il me faut rectifier mon dernier post. Non, ce n’est pas le mental qui me joue des tours, il n’est ni un tyran, ni un ennemi. Ce n’est qu’un instrument, un outil aux mille rouages, capable du pire comme du meilleur. Le véritable saboteur, c’est ma tendance à confondre l’imaginaire avec le réel, à donner corps à des mirages, à m’incliner devant des illusions que moi-même j’ai créées.
J’adore inventer des scénarios, c’est mon grand talent. Mon esprit bâtit des empires entiers, orchestre des tragédies grandioses, peint des fresques de gloire ou de désespoir. Mais parfois, je me laisse prendre au jeu. Je me perds dans mes propres contes comme un écrivain qui oublierait qu’il est l’auteur de son livre. Et c’est là que tout bascule.
Quand l’imaginaire usurpe la place du réel, je suis un navigateur sans boussole, pris dans des vents contraires qui n’existent que dans mon propre souffle. Je crois voir des obstacles là où il n’y a que du vide, je redoute des tempêtes qui ne sont que des ombres, et me voilà dérivant, loin, très loin, complètement à l’ouest.
La seule issue ? Se souvenir. Se rappeler que l’imagination n’est qu’une scène de théâtre, un spectacle fascinant mais éphémère. Et que la vie, la vraie, se déroule toujours ici, maintenant, loin des illusions que je tisse avec tant de ferveur.