Réconcilier les Générations en moi

Pendant de longues années, mon cercle social a été principalement composé de personnes bien plus âgées que moi, souvent de 20 à 30 ans de plus. C’est dans cette dynamique que j’ai navigué, pensant que les trentenaires, ma génération, m’étaient peut-être étrangères. J’avais l’impression que leurs préoccupations et leurs énergies étaient hors de portée, presque comme si j’étais coincé entre des générations trop éloignées pour réellement m’identifier à elles. Une perception faussée, un regard tronqué, je le reconnais aujourd’hui. 😅

Cependant, récemment, j’ai eu l’opportunité de passer quelques jours avec des individus de mon propre âge, et pour la première fois depuis longtemps, c’est moi qui me retrouvais dans la peau du plus âgé. Une expérience qui m’a bouleversé, et pourtant, d’une manière particulièrement positive et libératrice.

Cette expérience a agi comme un révélateur puissant, une prise de conscience qui m’a permis de remettre en question ma vision de moi-même et de ma place dans ce monde. D’abord, la réalité m’a frappé en pleine figure : mon corps, la condition physique dans laquelle je me trouvais, m’a semblé soudainement en décalage avec ceux qui m’entouraient. Grimper une simple côte en montagne m’a montré que, bien que je sois encore jeune (36 ans, après tout !), je n’étais pas aussi en forme que je le pensais.

Mais loin de me démoraliser, ce choc a agi comme un véritable élément déclencheur. En voyant cette différence, j’ai ressenti l’urgence de redonner à mon corps la vitalité qu’il mérite. Un regain d’énergie m’a poussé à intensifier ma pratique sportive, à m’engager dans des actions concrètes pour retrouver cette forme qui avait disparu sous le poids des années dans mon lit.

Mais ce n’est pas seulement sur le plan physique que cette expérience m’a bouleversé. En passant du temps avec ces personnes ouvertes, bienveillantes et stables, j’ai retrouvé un équilibre intérieur que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Leur accueil m’a permis de rétablir une connexion profonde avec ma propre présence, en ouvrant un espace où je pouvais accueillir pleinement qui je suis, sans honte, sans jugement. Ce fut un véritable acte de réconciliation, un retour à soi.

Et là, dans cette absence de jugement comparatif, une révélation s’est produite : j’ai réalisé que j’étais moi-même mon plus grand obstacle. Pendant des années, je m’étais comparé aux autres, me jugeant sans cesse. Mais dans ce cadre de simplicité et de bienveillance, l’absence de compétition m’a permis de respirer profondément. C’était comme une libération, une pause dans ma course effrénée contre moi-même et contre les autres.

Ainsi, aujourd’hui, à 36 ans, je mesure l’importance de m’accepter, de célébrer mon propre parcours, sans me mesurer à celui des autres. La vraie richesse réside dans cette reconnaissance de soi, dans l’acceptation de ma trajectoire unique, sans me perdre dans les comparaisons qui n’apportent rien. Ce que j’ai appris dans cette expérience, c’est que la force n’est pas dans la compétition, mais dans l’alignement avec soi-même, dans l’authenticité d’une vie vécue sans la pression extérieure de devoir être ce que l’on n’est pas.

Facebook
X
VK
LinkedIn
Telegram
Email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *