Voilà la phrase qui m’a été dite hier lors d’un concert de Kora (harpe africaine) organisé à l’attention des personnes âgées isolées.
Depuis quelque temps, je commence à sentir l’envie et le besoin de me déployer de manière horizontale. Après des années à chercher vers le haut, à traîner mes guêtres dans l’idée d’une verticalité lumineuse, je finis par me rendre compte que le symbole de la croix est plutôt intéressant. Il invite à l’harmonie entre l’horizontal (la matière) et le vertical (le mystère).
Quand je pense au non-manifesté, un éclair de joie envahit mon système, mais cela ne me rend pas vivant pour autant. Il manque un élément qui m’apparaît de plus en plus essentiel : celui de l’action, de la mise en mouvement, de la manifestation, de la mise en pratique de cette joie, de son expression dans le monde.
Si j’avais été conçu pour faire la plante verte béate devant l’immuable, il est évident que mes bras, mes jambes, mon cerveau et mon cœur auraient été de trop.
J’ai bien essayé… ça marche un temps, mais le vivant me rattrape et m’enjoint à danser sur le rythme de cette joie.
J’ai longtemps attendu les miracles, comme si les choses allaient se faire sans aucune participation de ma part, comme si j’étais un être éthéré sans substance. Or, c’est absolument faux. Si je souhaite quelque chose, je dois me donner les moyens de le réaliser. Attendre après le père Noël est un état que je connais bien, mais il ne mène nulle part.
Dans mon envie de déploiement, je découvre avec stupeur que je ne me connais pas dans mon humanité. Je ne connais pas mes désirs et mes aspirations. Toute ma vie n’a été qu’une fuite.
Par certains aspects, je suis comme un enfant qui se découvre lui et le monde, jour après jour.
Aujourd’hui, je reste là sans fuir, face à moi-même, face au monde. J’ai l’impression d’avoir pris du retard, j’ai l’impression que je manque d’expérience dans plein de domaines, mais j’avance avec la devise des Narcotiques Anonymes : un jour à la fois.